Ant man et La Guêpe : une comédie réussie et un film de transition du MCU [Critique]

Ant man et La Guêpe : une comédie réussie et un film de transition du MCU [Critique]

13 août 2018 0 Par Aronnax

Vingtième film du MCU, Ant Man et La Guêpe est le deuxième film consacré au super-héros contrôlant des fourmis. Cette comédie d’action est une nouvelle fois réalisée par Peyton Reed, connu pour ses comédies romantiques telles que Yes Man (2008) ou La Rupture (2006).

Bien meilleur que son prédécesseur, ce second volet nous entraîne dans la quête familiale des Pym/Van Dyne à la recherche de la mère – Janet Van Dyne, anciennement La Guêpe – disparue dans le royaume quantique, après avoir sauvé les États-Unis d’une menace nucléaire il y a de cela une trentaine d’années.

 

Visuellement intéressant hein ?

    

      Disons le tout de suite, le film Ant Man et La Guêpe  n’a pas la même intensité dramatique et tragique que ses deux prédécesseurs au sein du MCU, à savoir Black Panther et Avengers Infinity War. Il n’en a d’ailleurs jamais eu l’intention ! À l’instar de la licence Les Gardiens de la galaxie, Ant Man  apparaît avant tout comme une comédie d’action dans un univers super-héroïque, en témoigne le choix de Paul Rudd dans le rôle principal car l’acteur américain s’était lui aussi distingué dans des comédies romantiques légères comme 40 ans, toujours puceau (2005) ou En cloque, mode d’emploi (2007). Le choisir comme Ant Man, avec Peyton Reed derrière la caméra, c’est s’assurer d’un film comique réussi sans grande prétention ni enjeux stratosphériques.

     Avant d’évoquer Ant Man et La Guêpe, revenons un peu en arrière et intéressons-nous au premier volet de cette licence Marvel. Cependant, je ne reviendrai pas sur l’importance d’Ant Man dans l’univers des comics – fondateur originel des Avengers en 1963 – étant donné que le MCU s’inspire des comics tout en prenant soin de ne pas être dans la vulgaire redite. D’ailleurs, il s’agissait à l’époque de Hank Pym et non de Scott Lang, cambrioleur n’endossant le costume qu’à partir des années 80. Cette digression étant désormais finie, retournons à nos « fourmis ».

     Ant Man paraît dans les salles à l’été 2015. Dernier film de la phase II du MCU, il s’agit du douzième film de cet univers étendu. De plus, le budget consacré au film est le plus petit du MCU, avec 130 millions de dollars, bien loin par exemple des 250 millions du film Avengers : L’Ère d’Ultron, paru la même année. Ant Man premier du nom est un bon film divertissant, ayant trois grandes qualités : une très bonne réalisation avec quelques séquences marquantes d’un point de vue esthétique, un développement plutôt réussi des personnages et en particulier les relations « père-fille » (Scott Lang et Cassie, Hank Pym et Hope), ainsi qu’un casting cinq étoiles (Michael Douglas, Evangeline Lilly, Bobby Cannavale et donc Paul Rudd). Néanmoins, malgré ses qualités, Ant Man ne restera guère dans les annales puisque le film est entaché par deux défauts majeurs : une intrigue survolée mais un film étant paradoxalement trop long, et un méchant cliché faisant étrangement penser à Obadiah Stane alias Iron Monger, présent dans Iron Man (2008). À noter un extraordinaire Michael Peña dans le rôle de Luis. En somme, sans être la comédie super-héroïque du siècle, Ant Man premier du nom est un bon divertissement, posant les bases de cette nouvelle licence comique des studios Marvel.

 

Ant Man et La Guêpe : un film vaillant et une véritable identité esthétique et générique.

Ant Man, La Guêpe et Fantôme : << coexistence >> dynamique entre réductions et agrandissements.

    

    Le premier sentiment que j’ai eu, après avoir visionné le dernier film des studios Marvel, est le soulagement. La séquence d’ouverture donne le ton puisqu’elle est à la fois entraînante, dynamique et comique. On retrouve avec un certain plaisir les personnages, et l’on ressent vraiment l’évolution psychologique de ces derniers par rapport au premier film. En même temps, c’est bien normal, vu qu’entre temps, les événements de Civil War  ont un peu chamboulé les relations et affections tissées dans Ant Man. D’ailleurs, rappelons-le, à la fin de Civil War, Scott et les partisans de Captain America se font arrêter et emprisonner. De ce fait, Scott, placé sous surveillance électronique chez lui, devra se tenir à carreau un certain temps, afin de ne pas finir définitivement derrière les barreaux.

     Ainsi, dans ce second volet des aventures d’Ant Man, Hank Pym cherche à retrouver sa femme, bien aidé par sa fille, coincée dans le royaume quantique. L’expérience vécue par Scott à la fin du premier film, ainsi qu’un autre fait dont nous tairons le contenu dans cette critique, poussent toute cette petite troupe familiale à voyager dans cet univers microscopique afin de retrouver Janet. L’intrigue se focalise en grande partie sur les préparatifs de ce voyage, et en particulier sur la finalisation d’une machine permettant de pénétrer dans le royaume quantique. Toujours est-il que des personnes malintentionnées, bien qu’elles soient pour certaines dans leur droit, vont venir gêner nos héros.

     Ant Man et La Guêpe est bien meilleur que son prédécesseur ! Il garde et affirme son identité esthétique : jeu sur les formes, sur les dimensions, montages de plans itératifs et dynamiques. La bande sonore est sympathique, mais manque cependant d’originalité. L’aspect comique est extrêmement bien réussi, grâce à des dialogues bien écrits, quoique manquant parfois de subtilité, ainsi qu’à du comique de répétition et à du comique de situation qui fonctionnent à merveille. Nous reviendrons un peu plus tard sur le comique, car il y a quand même un élément qui m’a particulièrement gêné, concernant un méchant secondaire. Quant aux scènes d’action, elles m’ont étonnement surpris bien que les chorégraphies ne soient pas extraordinaires.

 

Une intrigue décevante mais un casting étincelant.

Scott Lang et Hank Pym : un duo qui fonctionne bien.

    

     L’intrigue, déjà évoquée précédemment, n’est pas originale : les héros doivent surmonter des épreuves, des dangers, afin de retrouver un proche. Elle apparaît clairement décevante car elle sous-exploite l’exploration du royaume quantique. Ainsi, cet élément n’occupe qu’un segment du film, au sein d’un montage parallèle dynamique. En espérant que le royaume quantique soit au centre d’un troisième et dernier volet de la saga qui, pour l’instant, n’a pas encore été annoncé. J’irai même jusqu’à dire que l’histoire de ce film est sensiblement la même qu’un autre film d’une grande franchise Disney : Star Wars épisode VII : Le Réveil de la Force (2015). Pourquoi ? Parce que « gentils » et « méchants » sont à la recherche d’une personne (Luke/Janet) et ils ne pourront la retrouver qu’à partir d’un objet manquant (carte stellaire/objet permettant de finaliser la machine quantique). Ce fut également le cas pour Les Gardiens de la Galaxie Vol. II (2017), ressemblant étrangement, bien que mieux réussi en tout point, au film Pirate des Caraïbes 5 : La Vengeance de Salazar (2017). Cette proximité scénaristique entre films Disney est quand même assez troublante…

     Autre point négatif, le rôle tenu par Walton Goggins, alias Sonny Burch dans le film. Ce trafiquant de composants high-tech, méchant secondaire, n’a guère de prestance ni de développement psychologique : il n’est qu’un ressort comique n’apportant pas grand-chose au développement dramatique de l’histoire ! D’ailleurs, ses motivations sont superficielles et nous ne connaissons pas (encore ?) son véritable patron. Enfin, si vous avez aimé certains personnages secondaires du premier film, vous serez déçus de voir que certains d’entre eux n’ont qu’un rôle figuratif dans ce Ant Man et La Guêpe. C’est le cas de la mère et le beau-père de Cassie, tout comme les deux acolytes de Luis. Quant à Michelle Pfeiffer (Janet Van Dym), ses quelques apparitions sont convaincantes, mais quel dommage de ne la voir que trop peu à l’écran !

     Cependant, le scénario est sauvé par le talent des acteurs et par la sous-intrigue liée à Ava Starr, alias Fantôme. Tout d’abord, quel régal de retrouver notre trio de héros ! Michael Douglas rayonne en Hank Pym, personnage central qui prend davantage d’épaisseur dans ce film. L’évolution de Hope, jouée par Evangeline Lilly, est réussie : cette nouvelle Guêpe est crédible, et son évolution psychologique apparaît appréciable. Quant à Paul Rudd, il excelle toujours en Scott Lang/Ant Man ! Ensuite, nouvelle mention spéciale à Michael Peña, interprétant avec brio le cocasse et volubile Luis. Enfin, trois nouveaux personnages font aussi leur apparition : l’agent du FBI Jimmy Woo (Randall Park), le docteur Bill Foster (Laurence Fishburne) et Ava Starr (Hannah John-Kamen). Si le premier est un personnage anecdotique, les deux suivants sont extrêmement intéressants. Laurence Fishburne incarne véritablement son rôle – comme à son habitude – en campant un Bill Foster, anciennement Goliath, qui apparaît intelligent et humain. Nouvelle figure paternelle, il est lié à l’histoire d’Ava Starr, alias Fantôme, jeune femme étant victime d’une instabilité moléculaire, lui prodiguant de ce fait d’immenses pouvoirs. Elle est l’antagoniste de nos héros et ses motivations sont compréhensibles. D’ailleurs, je ne développerai pas ses motivations dans cette critique, afin de vous laisser la surprise. Ainsi, tout comme ses deux prédécesseurs au sein du MCU (Black Panther et Avengers Infinity War), Ant Man et La Guêpe s’extrait quelque peu d’un code majeur du genre super-héroïque : le manichéisme. Et rien que pour cela, je vous conseille d’aller le voir !

 

Ant Man et la Guêpe Fantôme

Fantôme, personnage mystérieux, dangereux mais touchant.

 

En somme, Ant Man et La Guêpe est une bonne comédie d’action qui saura divertir petits et grands. Développant et s’intéressant toujours aux thématiques familiales, ce second volet de la franchise Ant Man est bien meilleur que son prédécesseur, bien qu’il souffre lui aussi de quelques défauts. N’oubliez pas de rester jusqu’à la fin du film, afin de ne pas louper les deux scènes post-génériques. Celles-ci sont par ailleurs extrêmement réussies ! La seconde, par exemple, est typiquement grotesque puisqu’elle nous dévoile un univers post-apocalyptique (sujet sérieux) – coucou Thanos – tout en nous montrant une scène absurde (traitement comique de l’action). 

 

Note
  • 7.5/10
    Réalisation - 7.5/10
  • 8/10
    Casting - 8/10
  • 4.5/10
    Scénario - 4.5/10
  • 6/10
    Bande son - 6/10
  • 5.5/10
    Originalité - 5.5/10
6.3/10

Résumé

Une bonne comédie d’action qui saura divertir petits et grands.