The Death of Superman, l’ultime épreuve du boy-scout [Critique]

The Death of Superman, l’ultime épreuve du boy-scout [Critique]

22 août 2018 0 Par Joey

Continuant sur son infatigable lancée, Warner Bros. Animation revient avec un nouveau film mettant en scène ce bon vieux Superman. La sortie est prévue le 22 août 2018, directement en DVD et blu-ray. Il s’agit là de l’adaptation du comics du même nom, The Death of Superman, sorti initialement en 1992.

 

The Death of Superman : un affrontement remis à neuf

 

Pour ceux qui sont familiers avec cette histoire très populaire du monde des comics, vous n’êtes pas sans savoir que ce titre signifie l’affrontement inévitable entre Superman et Doomsday. Cette brute, sortie d’on ne sait trop où, donnera bien du fil à retordre à notre homme d’acier. Outre le comics, cette fameuse « Mort de Superman » a également déjà été adaptée à plusieurs reprises dont une fois dans cette même lignée de films d’animation de l’univers DC Comics. C’est même cette précédente version intitulée Superman : Doomsday qui avait ouvert le bal.

 

11 années et une trentaine de films plus tard, WB Animation a donc décidé de remettre cette histoire au goût du jour. La première itération ayant souvent été critiquée, notamment sur sa durée, n’était visiblement pas suffisante pour pleinement rendre justice au matériau d’origine. Ici, DC nous propose une histoire scindée en deux parties. The Death of Superman n’en étant que la première (mais qui reste appréciable en tant que film à part entière). Cela n’avait pas été le cas chez Warner Bros. Animation depuis The Dark Knight Returns.

Contrairement à ce dernier, qui était une adaptation complètement isolée du reste des films existants (à l’exception peut-être de Batman Year One), The Death of Superman s’intègre dans une même continuité officielle, celle entamée par Justice League War en 2014. Depuis, cette fameuse timeline s’est vu accueillir une petite dizaine de films. Et, s’il n’est aucunement nécessaire d’avoir vu le moindre d’entre eux pour apprécier le petit dernier, les avoir visionnés vous donnera plus matière à vous attacher à cette version de Superman.

 

Everybody loves Superman

 

Si vous débarquez tout juste dans cet univers animé, le film met plutôt bien en place l’idée que Superman est adoré par la population. L’évolution depuis Justice League War est claire, son statut de héros bienveillant est désormais établi. Le film prendra même le temps de toucher un mot sur sa précédente relation avec Wonder Woman, permettant de justifier la présence de l’amour de toujours de Clark Kent, Loïs Lane. Cette dernière étant très importante dans l’œuvre originale, il aurait été impensable de ne pas voir Clark et Loïs ensemble.

Ceci étant dit, si certains éléments inhérents à n’importe quelle version de The Death of Superman sont bien là, nous avons également droit à quelques changements, nécessaires à la cohérence globale de l’univers. Ainsi, exit les Booster Gold, Guy Gardner et autres Blue Beetle de la Justice League International. Place aux héros déjà établis dans cette continuité, avec notamment Batman, Cyborg ou, comme citée plus haut, Wonder Woman. Tous auront plus ou moins l’occasion de se joindre à la bataille, même s’il est clair qu’aucun autre membre de la Justice League n’aura le temps de briller autant que Superman lui-même.

Sur la voie de la rédemption

 

The Death of Superman emprunte la même direction artistique que ses prédécesseurs, par souci d’uniformité. Ce qui en soi est tout à fait bienvenu. Cela pourra néanmoins décevoir ceux qui aimeraient voir plus de diversité artistique, au travers des différents films animés. Cependant, The Death of Superman apporte malheureusement avec lui, ce même aspect quelque peu cheap, qui persiste depuis quelque temps. Baisse de budget, effectifs plus divisés (à cause du nombre de productions annuelles accrues ?) ; quelle que soit la raison, on peut clairement constater une baisse de qualité globale depuis quelques années, sur le plan visuel. Le résultat parle de lui-même : l’animation semble généralement moins soignée et fluide que le film Superman : Doomsday de 2007. Toutefois, il serait injuste de ne pas souligner les efforts qui ont été faits, notamment lors des scènes d’action.

Des combats viscéraux, l’ agressivité et la puissance de Doomsday… Voilà des aspects que le film parvient très bien à retranscrire comme s’il avait sorti l’artillerie lourde pour le combat final. Bien sûr, le monde du dessin animé ne s’en verra pas chambouler pour autant. Il n’empêche que The Death of Superman aura de quoi apporter sa pierre à l’édifice des meilleures scènes, parmi cet énorme catalogue de films direct-to-video. Ce qui en soi est déjà un petit exploit.

Seule autre potentielle petite ombre au tableau, une bande originale pas spécialement marquante. Sans être mauvaise pour autant, on ne trouvera rien d’aussi sympathique que le thème de Superman : Doosmay par exemple. Heureusement, le casting vocal (VO) est lui plutôt solide. Jerry O’Connell et Rosario Dawson reprennent respectivement leur rôle de Superman et Wonder Woman. Loïs Lane, quant à elle, change de voix et est cette fois-ci portée par Rebecca Romijn. Tandis que Nathan Fillion incarne toujours parfaitement Green Lantern. Seul choix peut-être un peu risqué et discutable, Rainn « Dwight » Wilson en Lex Luthor.

 

The Death of Superman s’est avéré être plutôt une bonne surprise. Non pas que Warner Bros. Animation ne soit pas capable de faire de bonnes adaptations en règle générale mais, étant donné la qualité très en dents de scie des dernières productions, on était en droit de s’inquiéter un petit peu. Heureusement, ce Death of Superman est sans doute ce que cette division animation nous a pondu de meilleur depuis quelques années. Il ne reste plus qu’à espérer qu’ils continuent sur cette voie. Avec, pour commencer, la seconde et dernière partie de cette histoire, qui devrait arriver en début d’année prochaine.

Note
  • 8/10
    Réalisation - 8/10
  • 8/10
    Casting - 8/10
  • 7/10
    Scénario - 7/10
  • 6/10
    Bande-son - 6/10
  • 6/10
    Originalité - 6/10
7/10

Résumé

Un regain de pêche pour les films animés DC, avec un Doomsday qui ne fait pas dans la dentelle.