Captain Marvel : une origin story interconnectée. [Critique]

Captain Marvel : une origin story interconnectée. [Critique]

16 mars 2019 0 Par Aronnax

Captain Marvel, dernier film du MCU avant le très attendu Avengers : Endgame, est une énième origin story posant les bases d’une probable trilogie centrée autour du personnage de Carol Danvers. Premier film de super-héros de l’univers Marvel avec une femme comme protagoniste, il s’agit déjà d’un succès commercial qui, sans nul doute, ira chercher le milliard au box-office mondial. Ce film vaut-il le succès qu’il connaît ? Et surtout, renouvelle-t-il le genre de l’origin story ?

 

I] Une origin story conventionnelle ?

La Sarfox, escouade d’élite de l’Empire Kree.

     Présentée comme étant le « super-héros le plus puissant du MCU », Carol Danvers, alias Captain Marvel, est une héroïne dotée d’extraordinaires pouvoirs surhumains, maniant avec brio l’énergie photonique. Le film reprend de nombreux éléments liés aux comics, mais n’hésite pas à innover ou à transformer certaines références. Heureusement, puisque l’on s’ennuierait s’il ne s’agissait que d’une bête adaptation sans aucune plus-value !

     Par ailleurs, Captain Marvel n’est pas simplement une énième origin story de super-héros. Le film joue avec son spectateur en lui donnant au compte-gouttes des informations relatives au passé du personnage et ce par différents biais. L’originalité réside donc dans la construction temporelle non-linéaire de l’histoire. Les séquences rétrospectives s’entremêlent à l’intrigue principale, s’y insérant d’ailleurs parfaitement. Mais quelle est cette intrigue principale ?

     Qu’on se le dise tout de suite, Carol Danvers n’existe pas au début du film. Notre protagoniste s’appelle « Verse », et il s’agit d’un personnage combatif possédant déjà de grands pouvoirs. Notre héroïne est une « Kree » officiant dans une escouade d’élite appelée la Starfox. Elle ne se rappelle pas de son passé, et éprouve quelques difficultés à gérer ses émotions. Elle obéit à son mentor le colonel Yon-Rogg, interprété par Jude Law, qui apparaît comme une figure paternelle de « Verse ».

     Alors que l’Empire Kree est en guerre contre les Skrulls, race extraterrestre de métamorphes, la Starfox est menée à organiser une mission risquée d’exfiltration d’un espion. Cette mission ne sera que le début des péripéties de notre héroïne. Elle atterrira sur Terre et se lancera dans une quête personnelle, avec l’espoir, entre autres, d’en apprendre plus sur son passé. Elle fera aussi la connaissance d’un jeune membre du Shield, avec qui elle s’alliera : le célèbre Nick Fury.

 

II] Clins d’œil et place du film dans le MCU.

Un tandem de choc à la recherche de la vérité !

     C’est un plaisir de retrouver un Samuel Lee Jackson rajeuni grâce à la technologie numérique, procédé déjà utilisé par les studios Marvel dans Ant Man & La Guèpe. Nick Fury n’est pas qu’un simple personnage secondaire puisqu’il forme un véritable duo à l’écran avec « Verse ». L’alchimie fonctionne bien, en partie grâce au fait que les acteurs aient déjà collaboré ensemble par le passé. Fury fera aussi office de nouveau mentor dans cet univers terrestre qui semble à la fois obscur mais intriguant pour « Verse ». Il est aussi un ressort comique du film, en particulier lorsqu’il interagit avec ce diabolique mais mignon félin prénommé Goose.

     D’autres personnages ne vous seront pas inconnus, puisque les Kree Korath et Ronan l’Accusateur, issus des Gardiens de la Galaxie vol.1, font leur grand retour dans le MCU. Même chose concernant l’acteur Clark Gregg, qui reprend du service dans le rôle de l’agent du Shield Phil Coulsen. Il est cependant dommage que ces personnages ne soient que des figurants n’ayant, en fin de compte, que trop peu d’importance dans l’intrigue !

    Le film Captain Marvel est réussi dans son intégration au MCU. Il permet tout d’abord d’établir clairement des liens avec la série Les Agents du Shield  que je vous conseille, soit doit en passant. Quelques éléments font aussi écho à la  scène post-générique de Iron Man 1, ou encore au film Avengers. L’état d’esprit de Carol Danvers vous rappellera aussi celui de Steve Rogers et son célèbre « J’ferais ça toute la journée ! », à travers un montage parallèle bien ficelé et émouvant.

     Enfin, le film annonce Avengers : Endgame mais aussi le prochain cycle du MCU. La construction narrative, avec ses flashbacks, me semble préfigurer l’intrigue du dernier film de la phase III, ce qui est d’ailleurs confirmé par la dernière bande annonce sortie le 14 Mars. Quant au cycle post-Thanos, nombreux sont ceux qui pensent que cela se passera dans l’espace. Cependant, pour l’instant, seulement deux films « spatiaux » ont été annoncés pour la phase IV : The Eternals et Les Gardiens de la Galaxie vol. 3. Nul doute que Captain Marvel, mêlant les séquences terrestres et spatiales, est un bon film de transition.

 

III] Un film cependant imparfait.

La joie de vivre dans les années 90 !

     Au rayon des déceptions, notons un début longuet et une bande sonore loin d’être inoubliable. C’est une manie chez Marvel de rater ses bandes sonores, bien que les sagas Avengers et Les Gardiens de la Galaxie fassent figure d’exception. Les musiques de Captain Marvel ne retranscrivent pas l’atmosphère des années 90′, et c’est fort dommage. En revanche, les références technologiques à ces années-là sont plutôt bien trouvées, et feront sourire les connaisseurs.

     Quant à la direction artistique, celle-ci est inégale. Les séquences d’intérieur manquent par exemple d’originalité et de vie. La scénographie n’est pas exempte de tous reproches, en témoigne l’entraînement entre le colonel  Yon-Rogg et « Verse » au début du film. Certaines coupes sont brutales, et nous voyons d’emblée qu’il s’agit de doubleurs. Pour un film de ce calibre international, l’erreur est impardonnable !

     Par ailleurs, certains effets spéciaux laissent à désirer comme au moment où Captain Marvel se déplace dans l’espace. Et je ne suis pas convaincu par la peau des Skrulls puisque j’ai eu l’impression de voir des personnes dans des costumes. Certes, il s’agit de costumes de bonne facture, mais je suis sûr qu’ils auraient pu mieux faire. 

     En revanche, j’ai adhéré aux thématiques développées par le film avec l’impression qu’elles faisaient directement écho à la politique de Donald Trump. Captain Marvel s’érige en figure de désobéissance du régime et embrasse totalement ses valeurs humanistes. La propagande de l’Empire Kree se dévoile au fur et à mesure du film, et les questions de l’immigration ainsi que de l’accueil des réfugiés sont posées puis traitées. 

 

Captain Marvel est un film réussi, bien que souffrant de quelques maladresses techniques et narratives ! Personnellement, je trouve qu’il s’agit de la meilleure origin story du MCU. Préparant timidement le spectateur à Avengers : Endgame, Captain Marvel  n’oublie pas d’installer sa diégèse. Ce n’est que le début de cette nouvelle franchise, et on a hâte de voir la suite !

Note
  • 6.5/10
    Réalisation - 6.5/10
  • 8/10
    Casting - 8/10
  • 6.5/10
    Scénario - 6.5/10
  • 4/10
    Bande son - 4/10
  • 7/10
    Originalité - 7/10
6.4/10

Résumé

Une origin story originale, interconnectée au MCU et préfigurant la fin de la phase III. À noter quelques maladresses narratives et surtout techniques.