Legenderry Vampirella : bas les masques ! [Critique]

Legenderry Vampirella : bas les masques ! [Critique]

13 février 2019 1 Par Kihaa

Legenderry Vampirella est le quatrième tome de la série regroupant les héros de l’éditeur Dynamite Entertainment. Sorti le 29 janvier 2019 aux éditions Graph Zeppelin, le comics se construit autour du personnage de Madame Pendragon alias Vampirella. Les aventures de la vampirette sont-elles à la hauteur ?

Legenderry :  des personnages connus « steampunkisés »

Legenderry, qu’est-ce que c’est ? Une aventure Steampunk rassemblant tous les personnages cultes des éditions Dynamite, sous la houlette de Bill Willingham (Fables). Ainsi, les lecteurs pourront suivre les destins croisés du Frelon Vert, Red Sonja, du Fantôme, de Flash Gordon, de Zorro, de Steve Austin (L’Homme qui valait trois milliards, The Six Million Dollar Man en anglais, oui il perd de sa valeur chez nous) ou encore de Vampirella.

Les héros se retrouvent transformés pour épouser l’ère victorienne où technologie et révolution industrielle sont intimement liées. Du côté des méchants, forcément, attendez-vous à retrouver des classiques comme le terrible Ming (Flash Gordon), Kulan Gath (Red Sonja) qui forment avec Lidia Valcallan, le Docteur Moreau et le Général Tara, une sorte de Conseil des super-vilains.

Tous ces héros vivent leurs propres aventures indépendamment de leur licence d’origine. Il faut voir Legenderry comme un univers à part, installant de nouvelles règles et des vérités inédites. D’ailleurs Bill Willingham doit instaurer un monde crédible et inédit en 7 tomes. Actuellement, aux éditions Graph Zeppelin, 3 sont déjà parus : Legenderry : L’aventure steampunk, Legenderry Green Hornet et Legenderry Red Sonja.

Legenderry casting

 

Vampirella : lady et vampire hors normes

Et dans ce tome 4 nommé Legenderry Vampirella, c’est bien de Vampirella dont il est question (merci Captain Obvious). Big City, la ville de tous les dangers, rassemble un casting monstrueux de héros. Le Club Scarlet, initialement vu dans le premier tome, est tenu par Madame Pendragon alias Vampirella. Lorsque la dame revient à Big City au début du Tome 4, elle ne peut que constater avec colère que son restaurant a été fermé. Vous imaginez bien que l’histoire ne va pas s’arrêter là. Vampirella, particulièrement déterminée, se lance alors sur les traces des personnalités impliquées. Vous savez, celles qui cherchent à faire basculer la ville dans le chaos !

Vampirella, dans cette version, a beaucoup de similitudes avec Lady Mechanika ! Le fait que les deux comics œuvrent dans un univers steampunk y est pour beaucoup. Mais pas seulement. Pendragon est une femme de poigne, aux courbes chatoyantes et aux capacités physiques impressionnantes. On n’en attendait pas moins d’une vampire !

Legenderry Vampirella perso

Si vous n’êtes pas familiers avec le personnage, sachez qu’à l’origine, Vampirella a été créée à la fin des années 60 et qu’elle n’est pas une « suceuse de sang » ordinaire. En effet, la brune vient de la planète Drakulon où le sang coule naturellement sous forme de fleuves. Mais quand le corps céleste se meurt, Vampirella part à la découverte de la Terre.  Après plusieurs revisites de ses origines, notamment sur la nature de Drakulon, Vampirella se retrouvera à aider la célèbre famille des Hellsing pour combattre Dracula.

Famille Hellsing d’ailleurs présente dans ce tome 4 de Legenderry dans une confrontation qui élève Vampirella au rang de super-vampire. Les plus connaisseurs se réjouiront du clin d’œil à la cécité de Conrad van Helsing ! Si Vampirella s’intègre parfaitement à Big City en jouant les Ladys, elle rappelle très vite à ses adversaires qu’il ne faut pas la sous-estimer. Les clones l’apprendront vite à leurs dépens !  L’opus met beaucoup en valeur les capacités incroyables de la dame : force surnaturelle, rapidité, réflexes improbables… S’ajoute aussi la possibilité de déployer des ailes géantes pour voler et son charisme naturel (la fameuse séduction des vampires).

Le coup de crayon de David T. Cabrera permet à Vampirella d’arborer un style vestimentaire très «  bon chic bon genre », lui conférant une stature de femme d’affaires. Quelques fois les traits de l’héroïne sont plus âpres, plus géométriques. Vampirella n’est pas la seule concernée par cette inconstance des dessins et c’est bien dommage ! Majoritairement, ils sont de bonne facture et dynamisent l’histoire, notamment avec les scènes de combat. Notre Miss Pendragon est très résistante, les stratagèmes d’éradication n’ont aucun effet sur elle. Si elle est « immortelle » dans le comics originel, elle montre néanmoins dans Legenderry  qu’elle peut être gravement blessée.

Legenderry Vampirella couverture

Enquête, combats et humour noir !

David Avallone reprend donc l’héritage de Bill Willingham, en recentrant l’intrigue autour de Vampirella. De son retour à Big City, en passant par sa recherche sur le mouvement des « citoyens contre l’indécence », à sa rencontre avec le trouble Rupert de Hentzau, jusqu’à la bataille finale, l’histoire monte en tension au fur et à mesure. Certes, nous avons connu des scenarii plus inspirés mais l’écriture fait le travail. Le lecteur passe un bon moment, sans prise de tête. Legenderry prend le parti d’une trame centrale abordée sur fond de légèreté. Dans ce quatrième tome, l’aventure se place tantôt du côté de Pendragon, tantôt du côté du Conseil.  Cette alternance de situations est un procédé classique et efficace dans l’avancée d’une intrigue.  

Legenderry aime multiplier les références à la pop culture et aux comics. Il est difficile de saisir toutes les subtilités dans ce crossover géant à la sauce steampunk. Ceci dit, c’est sans doute l’intérêt d’un tel metling pot : chaque lecteur saisit des éléments selon sa culture ! Citizen Kurtz ne trouvera une signification que chez les cinéphiles ! L’humour noir, teinté d’un accent british, est savamment utilisé. Il alterne entre des situations presque « tarantinesques » et d’autres plus cyniques. Mention spéciale aux clones qui affrontent Vampirella : ils en perdraient la tête ! Il est cependant évident que cet humour ne sera pas apprécié par tous.

Il serait presque regrettable de ne pas terminer cette critique sans mentionner la relation entre Madame Pendragon et Rudolf Rassendyll. Ces deux personnages vont se croiser, se chercher, s’éviter, s’entraider. C’est un peu comme jouer au chat et à la souris, même si on ne sait pas toujours qui est le félin de l’histoire. Rassendyll porte avec lui un rebondissement final inattendu ! Avallone a le mérite de prendre son lecteur à contre-pied !

Legenderry Vampirella nous fait passer un agréable moment à Big City. Madame Pendragon alias Vampirella nous rappelle que l’habit ne fait pas le moine et qu’il est toujours dangereux de sous-estimer ses adversaires. Les alliances se font et se défont, les combats s’enchainent et les personnages font tomber les masques. Si les dessins sont parfois inégaux, l’intrigue sans être révolutionnaire sait garder le lecteur éveillé. Ce quatrième tome a de la suite dans les idées. Reste à voir ce que nous réservent les prochains !

Note
  • 6/10
    Dessins - 6/10
  • 7/10
    Histoire - 7/10
  • 7/10
    Personnages - 7/10
  • 8/10
    Editions - 8/10
7/10

Résumé

Legenderry : Vampirella  poursuit intelligemment la construction de cet univers alternatif. Vampirella est au centre de l’histoire et permet à différents personnages de graviter autour d’elle. S’il peut se lire indépendamment, ce quatrième tome est sans doute plus intéressant à lire dans la logique d’ensemble.