En eaux troubles, le dernier blockbuster aux dents pointues [Critique]

En eaux troubles, le dernier blockbuster aux dents pointues [Critique]

11 septembre 2018 1 Par Arya

En eaux troubles, sorti le 22 août 2018 dans nos salles sombres et réalisé par Jon Turteltaub, est une adaptation du livre Meg: A Novel of Deep Terror de Steve Alten (1997).

Jonas Taylor (Jason Statham)  est un ancien plongeur de la Marine, spécialisé dans les eaux profondes. Il sera appelé à sauver une équipe de scientifiques, coincée dans un petit submersible qui a été attaqué par une créature venant du Cénozoïque : un Mégalodon. Une ancienne espèce de requin de plus de 20 mètres censée être éteinte depuis fort longtemps. 

Posez votre cerveau à l’entrée…

Niveau scénario ? Eh bien une équipe scientifique engagée par un milliardaire a construit un complexe scientifique sous l’eau via une plateforme en plein milieu de l’océan. Ce complexe a pour but de descendre dans les profondeurs et de les explorer. Pour rappel, il n’y a environ que 10% des fonds marins qui sont cartographiés. Il est donc assez vrai que nous ne savons pas vraiment ce qui pourrait se cacher dans les abysses. C’est pourtant ce que cette équipe souhaite faire, descendre le plus bas possible à plus de 11 000 pieds… C’est donc « sans surprise » qu’ils vont trouver dans les profondeurs le plus gros prédateur marin qui ait existé.

2 heures de film environ vous attendent, avec 3 phases bien distinctes. Une première partie où on découvre la menace, une deuxième où on la subit et une troisième où on la détruit. Concrètement, vous ne serez pas dépaysés, il n’y a pas énormément de dialogues, et dans tous les cas, le long-métrage reste clairement en surface. Il s’agit avant tout d’un film d’action avec un requin géant. Mais nous avions espéré quelque chose de plus abouti, et surtout d’un peu plus intéressant côté scientifique sur le Mégalodon. Cela aurait sans doute été l’occasion de parler des requins de façon un peu plus approfondie étant donné qu’il s’agit d’une équipe spécialisée dans les fonds marins… On imagine qu’ils s’intéressent quand même à la faune et flore marine, mais ce n’était visiblement pas si important que ça. Et nous allons rester dans l’optique malheureuse suivante : gros méchant requin cherche buffet à volonté.

En eaux troubles, un film survendu ?

Au final, nous imaginions un peu autre chose, presque un huit clos à la Peur Bleue (1999) ou plus récemment comme The Shallows (2016) et 47 Meters Down (2017)  que nous vous recommandons d’ailleurs si vous ne les avez pas vus. Mais ici, finalement, ce sont plutôt Jonas et sa bande qui vont partir à la poursuite du Megalodon, conscients qu’ils doivent l’arrêter avant que l’animal ne crée une catastrophe. Ceci dit, la catastrophe n’arrive pas. Et c’est bien dommage. Notre gros squale avec l’appétit féroce se rapproche d’une plage très fréquentée, mais n’en fera finalement rien… Étonnant ? Peut-être pas tant que ça puisque le film est, en définitive, très aseptisé. Bonne chance pour voir du sang à l’écran plus de 2 secondes, et sans doute qu’une plage, entourée d’une mare de sang, aurait finalement fait tâche pour le label « Tout Public ». Pour le coup, on espérait un peu d’angoisse, de peur face à un monstre d’une taille aussi incroyable, mais on ne sent jamais Jason Statham et sa coéquipière Li BingBing en danger. La première partie est assurément la seule qui aurait un intérêt question « angoisse », avec certes quelques parties dans le reste du film… Mais en fin de compte, cela restera toujours dans le film d’action, qui ne se prend pas vraiment au sérieux. La personnalité de Jonas se situera entre « faire des blagues » et « être intouchable ». Au tiers du film, le spectateur comprend que En eaux troubles ne sera pas révolutionnaire sur le thème des requins. Pire, il restera dans les codes basiques d’un film d’action sympa mais sans plus.

Néanmoins, il me semble qu’un tel sujet aurait pu être traité encore une fois plus sérieusement et de façon plus scientifique, que pris au second degré, en mode « chasse au requin ». On voit un Jonas qui saute dans l’eau en faisant une petite blague avant de s’approcher d’un monstre qui pourrait le tuer avec une facilité déconcertante. A dire vrai, on n’y croit rarement, et c’est à notre sens ce qui pose problème dans ce film. Si les choses invraisemblables sont le lot d’une grande majorité de films, pourquoi toujours s’évertuer à rajouter un humour déplacé, qui fait à peine sourire, et qui rend encore moins crédible ce qui se passe à l’écran ? Il n’y aura sans doute jamais de réponse, mais un peu plus de sérieux aurait vraiment servi un meilleur film.

Et le Mégalodon dans tout ça ?

Pas décevant, mais pas non plus si impressionnant que ça. Forcément, c’est un peu moins extraordinaire de voir des engins sous-marins prendre des coups, sans voir la menace.  Bon, il est vrai qu’en deuxième partie du film, la bête est plutôt agréable à voir, mais on aurait certainement aimé apprécier sa grande taille. Avec les dimensions d’un écran de cinéma, cela aurait donné quelque chose de très sympathique. Finalement, ce sont surtout des parties isolées du requin qui sont montrées comme sa tête, son aileron… et voilà ! Au final, le temps de passage à l’écran de l’animal, est plutôt réduit. Il faut bien rentre honneur à Statham !

Comme dit plus haut, le Mégalodon reste un monstre effrayant de par sa taille, et on aurait sans doute aimé qu’il soit bien plus meurtrier…  Mais en fin de compte, eh bien, il est là pour alimenter la chasse au requin de Jonas.

Concrètement, on n’est pas déçu des effets spéciaux, le budget était là, et dans l’ensemble, on n’a pas vraiment à se plaindre. On aurait donc aimé, moins d’humour, et plus de sérieux. Cela aurait clairement donné une dimension plus angoissante au film. Il aurait été également plus agréable que le Mégalodon soit le cœur du film, et non un acteur secondaire. Mais comme on ne peut pas tout avoir, En eaux troubles reste un film divertissant avec de très bonnes scènes d’action, même si Jason Statham nous fait penser à un Dwayne Jonhson, non pas pour les muscles mais pour les blagues incessantes.  Quant au Mégalodon, il restera une créature tout aussi impressionnante qu’incroyable, qui reste plaisant de découvrir dans un film.

Note
  • 8/10
    Réalisation - 8/10
  • 7.5/10
    Casting - 7.5/10
  • 4.5/10
    Scénario - 4.5/10
  • 8/10
    Bande-Son / Effets spéciaux - 8/10
  • 7/10
    Originalité - 7/10
7/10

Résumé

Pas le film de l’année, En eaux troubles, laisse tout de même la sensation d’un divertissement agréable et sans prise de tête. Si on aime les requins, c’est un gros bonus.