Godzilla II: Roi des Monstres, une monstrueuse lettre d’amour [Critique]

Godzilla II: Roi des Monstres, une monstrueuse lettre d’amour [Critique]

31 juillet 2019 0 Par Joey

Après Gareth Edwards et Jordan Vogt-Roberts, c’est au tour de Michael Dougherty d’apporter sa pierre à l’édifice du Monsterverse, avec Godzilla II: Roi des Monstres. Dernière étape avant la grosse confrontation entre le lézard et le gorille géant l’année prochaine, Godzilla II: Roi des Monstres n’a néanmoins pas besoin de ses frères pour se poser comme un film de monstres efficace.

Ils sont de retour, pour nous jouer un mauvais tour

5 ans après avoir foutu le « souk » un peu partout sur le globe, les monstres gigantesques reviennent pour en remettre une plus grosse couche. Le monde entier est au courant de l’existence de ces titans destructeurs, et le nombre de créatures découvertes ne cesse d’augmenter. L’organisation secrète Monarch, déjà introduite dans les films précédents, continue de chercher et canaliser ces monstres. Tandis qu’une organisation terroriste tentera de se les approprier, pour servir leurs propres dessein. Comme sauver la planète, paraîtrait-il.

On oublie donc la famille Brody, pour se concentrer cette fois-ci sur les Russell. Avec le retour de quelques têtes connues du premier film pour ajouter un peu de liant à l’ensemble. En l’occurrence, les Dr Serizawa (Ken Watanabe) et Dr Graham (Sally Hawkins). A côté de cela, le terroriste Alan Jonah (Charles Dance) viendra mettre en péril la balance déjà vacillante entre Mark Russell (Kyle Chandler), Emma (Vera Farmiga) et leur fille Madison (Millie Bobby Brown).

Petits humains et grand spectacle

J’ai beau ne pas être le plus grand fan et connaisseur de la très longue franchise des Godzilla… une chose est sûre, de la demi-douzaine de films que j’ai dû voir, aucun d’entre eux ne peut malheureusement prétendre avoir des personnages très profonds. Jusque-là, le Monsterverse ne déroge pas à cette règle. Cependant, malgré une écriture pas toujours de haut niveau, je dois admettre que voir des acteurs appréciables camper ces personnages toujours un peu stéréotypés (tout en faisant bien le job) sauve un peu la mise. Malheureusement, tout le monde ne sera pas aussi conciliant avec cela.

Heureusement, les monstres eux, qui sont quand même l’attraction principale de ce film, relèvent nettement le niveau. On en aurait sans doute voulu plus encore, mais sur ce point, Godzilla II: Roi des Monstres parvient au moins à nous satisfaire. Bien mieux que dans le premier film. Pas que la réalisation de ce dernier ait énormément à envie à son successeur, la mise en scène et le sound design étaient déjà excellents. Et c’est encore une fois le cas ici. Cependant, on notera une amélioration cruciale, en dehors du temps à l’écran plus important pour les monstres. Cette fois-ci, on y voit enfin plus clair !

A nouveau chapitre, nouvelle identité

Même de nuit, les couleurs permettent de voir ce que font les monstres, malgré certains effets météo qui ont tendance à les camoufler encore un peu, dans certains cas. Au moins, on pourra plus facilement mettre ça sur le compte de la stylisation ce coup-ci. Godzilla II: Roi des Monstres semble d’ailleurs se situer quelque part à mi-chemin entre le ton de Godzilla et Kong Skull Island. Ce dernier délaissait le côté plus « terre à terre » dans l’approche du film de monstre, empruntée par le premier Godzilla, pour offrir quelque chose de plus léger, fun et coloré. Bien que l’humour ne fasse pas mouche à tous les coups, jusqu’à en être un peu gênant parfois. Mais si Godzilla II: Roi des Monstres demeure plus sérieux que Kong, il se lâche également bien plus quand vient l’heure des castagnes entre monstres.

Godzilla lui-même semble plus agile qu’autrefois. Et cette souplesse un peu accrue ne lui sera pas de trop, parce que ce coup-ci, il devra affronter bien plus coriace que les MUTOs (Massive Unidentified Terrestrial Organism) du premier film. Exit les monstres « originaux » (du moins au premier plan, il y en a toujours quelques inédits, plus en retrait), bonjour les rockstars de la franchise. En plus de notre cher roi des monstres, la planète devra donc en plus craindre Mothra, Rodan et le gros vilain King Ghidora. Et si chacun d’entre eux aura l’occasion de briller sur le devant de la scène, certains monstres seront clairement plus mis en avant que d’autres.

Godzilla II

Un univers qui s’étoffe

Godzilla II: Roi des Monstres prend même plus le temps de référencer ses ancêtres que ne le faisait le premier volet. Outre le retour de certains monstres phares, d’autres éléments scénaristiques et personnages font clairement écho à de précédentes productions. Mais Godzilla II: Roi des Monstres ne se contente pas de jouer la carte de la nostalgie. Il profite également pour étoffer le lore de cette nouvelle continuité. Pas toujours de manière très claire, mais on appréciera quand même l’effort pour enrichir l’univers.

De manière générale, j’ai eu la sensation que le film possède tous les éléments nécessaires à la recette d’un excellent Godzilla. Comme s’il avait tout ce qu’il fallait, mais pas nécessairement agencé de la manière parfaite. Certains passages centrés sur les humains peuvent trainer un peu en longueur, en proposant plus d’exposition que nécessaire, là ou le lore building est souvent tellement survolé qu’il est facile de rater certains détails (comme la présence d’un personnage de Kong Skull Island, notamment).

L’avis d’Arya

Si l’épisode précédent de Godzilla avait été d’un ennui mortel, et une déception sans nom pour moi… Je dois dire que pour le suivant,  je n’attendais rien. Ou presque. Avec Vera Farmiga à l’affiche, j’espérais que les humains aient enfin un peu plus de profondeur. Cette actrice ayant pour moi une véritable présence à l’écran, cela ne pouvait être qu’un plus et une raison valable pour voir le film. Résultat des courses, c’était la surprise, et dans le bon sens du terme ! Non seulement, le scénario côté humain se tient plus ou moins et apporte quelque chose… MAIS en plus on voit enfin les monstres de façon visible et surtout avec un temps à l’écran plus important. Quand on va voir Godzilla, c’est pour voir du monstre démesuré, de la bagarre et des humains qui servent presque à rien. Et j’ai été clairement servi. J’attends donc le prochain épisode avec beaucoup plus d’impatience et de positivisme que je n’ai attendu ce Godzilla II: Roi des Monstres. Votre seul prérequis pour voir le film est un large écran plat pour rendre honneur à l’incroyable Godzilla et ses amis les monstres.

L’avis final de Joey

Godzilla II: Roi des Monstres ne plaira sans doute pas à tout le monde. Mais si sa fidélité à l’esprit des films qui ont fait son succès n’est pas forcément une excuse valable pour ne pas tenter de faire mieux (notamment vis-à-vis des personnages humains), Godzilla II: Roi des Monstres n’en demeure pas moins une vraie lettre d’amour à la saga. Que ce soit du design au lore, en passant par la musique, qui en profite pour remettre aux gouts du jour des thèmes iconiques.

  • 9/10
    Réalisation - 9/10
  • 8/10
    Casting - 8/10
  • 6/10
    Scénario - 6/10
  • 8/10
    Bande-son - 8/10
  • 4/10
    Originalité - 4/10
7/10

Résumé

Un opus qui, malgré une marge de progression toujours existante pour la suite, est conscient de ce qu’il cherche à être.