Sword Legacy Omen : à la conquête de Britannia ! [Test]

Sword Legacy Omen : à la conquête de Britannia ! [Test]

2 septembre 2018 0 Par Aronnax

Paru le 13 août 2018 sur Steam, Sword Legacy Omen est un petit jeu de rôle au tour par tour développé par Firecast Studio ainsi que Fableware Narrative, et édité par Team17 Digital Ltd. L’histoire vous transportera dans la sombre et inquiétante Britannia, à l’époque de Uther Pendragon et du célèbre magicien Merlin.

Parcourir Britannia, c’est se battre dans ses différentes contrées : Mercia, Northumbria, Anglia, Kent, Wessex.

      Oyez, oyez, braves gens ! Un sombre dessein guette Britannia ! Dans cette ère anté-arthurienne, vous suivrez les périples du prince Uther et de toute sa charmante troupe. Troupe qui, disons-le en passant, se formera au gré des péripéties. L’aventure débute ainsi sur les chapeaux de roues : la promise du prince, Ygraine, a été enlevée par le machiavélique Gorlois. Vous parcourrez Britannia afin de la retrouver mais aussi de contrecarrer les plans du vil duc de Cornouailles. Sept autres personnages se joindront à Uther : le magicien Merlin, le lancier Duanne, la voleuse Gwen, le barbare Ferghus, le prêtre Felix, le forgeron Gorr et le gardien Flint.

     Deux grandes phases de gameplay sont au cœur de ce jeu : les déplacements sur la carte de Britannia avec diverses interactions possibles, et différents niveaux au cours desquels exploration et combats s’alterneront. Par ailleurs, d’agréables dialogues scriptés en vue 2D des personnages ainsi que plusieurs prolongements du récit écrits, illustrés et contés par une voix off, viendront pimenter votre expérience vidéoludique. 

 

Un univers singulier et immersif.

Un petit creux ?

     Indéniablement, la plus grande réussite de ce jeu réside dans sa patte graphique et sa qualité d’écriture. Dans la lignée d’un Darkest Dungeon, Sword Legacy Omen apparaît sombre voire déroutant. Le jeu opte pour une désacralisation de l’idéal chevaleresque dans un univers de dark fantasy : macchabées, abominations, malédictions, grottes, donjons, omniprésence du gore et du sang. C’est dans ce pêle-mêle glauque que le prince Uther doit s’ériger et s’affirmer comme l’unificateur << lumineux >> de Britannia. Il est le dernier rempart face aux actions néfastes et obscures de Gorlois. Concernant, la bande sonore, celle-ci est travaillée, et dans le ton : tantôt épique, tantôt inquiétante.

La voleuse Gwen est le contrepoint réaliste du lancier Duanne, élevé et baigné dans les romans de chevalerie.

     L’écriture est extrêmement soignée dans ce jeu. Présente à travers les dialogues, la collecte d’informations dans chaque niveau, ou encore l’histoire contée par une voix off, elle permet non seulement d’approfondir le background, mais aussi d’accentuer l’immersion du joueur. D’ailleurs, on appréciera l’effort effectué par les développeurs concernant l’approfondissement de certains éléments de l’histoire : le culte de Terah, la psychologie des personnages, le passé du prince Uther.

 

Mais une expérience de jeu mitigée.

Le Wessex, haut lieu touristique de Britannia !

     Cependant, si la forme est excellente, le fond du jeu, c’est-à-dire son gameplay et sa jouabilité, est beaucoup moins convaincant. Comptez une quinzaine d’heures pour terminer le jeu, ce qui est correct au vu de son prix (17,99€). Le jeu apparaît néanmoins assez répétitif, car normé dans son fonctionnement externe. Lorsque vous débutez une quête, vous commencerez généralement par explorer un morceau de la zone, à la recherche d’objets, d’or ou encore d’informations (appelées sobrement << savoirs >>), puis vous aurez un premier combat. Par la suite, continuant votre exploration, vous aurez un point de sauvegarde avant ou après votre second combat, et vous finirez le niveau par un combat plus difficile (avec potentiellement la présence d’un boss). Ce fonctionnement sera présent dans 90% des quêtes, à de rares exceptions près.

     Il n’y a pas d’originalité dans les combats, si ce n’est quelques sorts intéressants et le principe de la << Volonté >>. La Volonté permet d’accroître certaines caractéristiques du personnage, mais lorsqu’il n’en a plus, cela le rend davantage vulnérable, pouvant obtenir un malus extrêmement pénalisant : pétrification, enragement, fuite, etc. À noter aussi le principe de la << Vigilance >>, qui permet, pour trois points d’action, à votre personnage d’attaquer l’ennemi lors de son tour s’il venait à s’approcher trop près de vous. Ce concept a déjà été développé dans certains TRPG, comme X-Com. Par ailleurs, il n’y a pas à proprement parler de tank dans ce jeu – bien que plusieurs personnages aient plus de points de santé – car ils peuvent chacun mourir au bout d’un tour s’ils sont acculés par les ennemis.

      La difficulté est, quant-à-elle, mal gérée : certains combats sont trop difficiles, et j’ai bien souvent adopté la technique de la tortue bodybuildée : deux personnages forts (Uther et Ferghus), un heal (Félix) et un dps sournois (Gwen). Je ne l’ai pas encore évoqué, mais nous ne pouvons choisir que quatre personnages lors d’un niveau ! Et lorsque vous tomber contre une ribambelle d’archers et de lanciers dispersés un peu partout dans la zone de combat, privilégiez peut-être, comme j’ai pu le faire, la campouze en mode << Vigilance >>.  Ce qui est certain, c’est que si vous venez à perdre un de vos personnages au cours d’un niveau, vous aurez énormément de mal, voire aucune chance, de réussir à passer le troisième et dernier combat.

Interface de la ville (phase de gameplay : carte de Britannia).

     Passons maintenant à la phase de gameplay se jouant sur la carte de Britannia. Vous vous déplacez sur un chemin prédéfini qui alterne entre ville/lieu d’intérêt et bivouac. Le bivouac est matérialisé par un petit cercle. Lorsque vous êtes dessus, vous avez souvent un combat à faire contre des ennemis, mais vous pourrez utiliser un feu de camp afin de regagner des points de santé pour vos personnages. En ce qui concerne les villes/lieux d’intérêt, ces éléments sont représentés par des cercles plus grands que ceux des bivouacs. En ville, vous pouvez faire des emplettes au marché (équipement ou encore potions), et commencer une quête. Quant au lieu d’intérêt, il s’agira souvent d’y effectuer une quête. En tout, douze quêtes vous attendront afin de terminer le jeu. Mais avouons-le, cette phase de gameplay n’est guère divertissante. Elle est même assez répétitive !

     Testé dans sa version 0.2.5, le jeu souffre de quelques bugs – assez pénibles à vrai dire – et j’ai eu aussi l’immense privilège d’avoir deux retours Windows.

Petite leçon philosophique du magnifique Merlin. Ou pas…

En somme, Sword Legacy Omen est un jeu réussi d’un point de vue artistique, mais qui souffre d’un gameplay répétitif et d’une jouabilité rude (déséquilibrage de l’IA).

Note
  • 8/10
    Histoire - 8/10
  • 4/10
    Gameplay - 4/10
  • 8/10
    Bande son / Graphismes - 8/10
  • 2/10
    Jouabilité (difficulté) - 2/10
  • 6/10
    Durée - 6/10
5.6/10

Résumé

Un jeu soigné et réussi dans la forme (atmosphère, bande sonore, histoire), mais pas réellement concernant le fond. Outre les bugs, le gameplay apparaît répétitif et peu original. Quant à la difficulté, celle-ci est extrêmement déséquilibrée.