Shazam! : The Manchild of Steel [Critique]

Shazam! : The Manchild of Steel [Critique]

17 avril 2019 0 Par Joey

Septième entrée dans l’univers cinématographique partagé de DC, Shazam! est sorti le 3 avril dernier dans les salles obscures. Après une Wonder Woman et un Aquaman plutôt bien accueillis, voyons voir ce qu’il en est de ce nouveau film solo, réalisé par David F. Sandberg (Dans le Noir, Annabelle 2) ?

Graine de Superman

Ce n’est pas un secret, Warner Bros. n’a plus vraiment la volonté de réunir tous ses héros pour combattre le mal ensemble. Si un Justice League 2 est bien sûr toujours possible à l’avenir, la volonté actuelle de WB est bel est bien de se concentrer sur des histoires véritablement isolées. Ce qui n’empêchera pas les références occasionnelles au reste de l’univers. Ce que Shazam!, anciennement Captain Marvel (non, pas ce Captain Marvel  là), continue d’ailleurs de faire en maintenant cette continuité en vie. Cependant, Shazam! ne se repose jamais là-dessus : le fait est que tout le monde peut parfaitement rentrer dans cette nouvelle histoire sans rien connaître du personnage ou des précédents films DC.

Le pitch de Shazam! est simple, Billy Batson, jeune orphelin de 14 ans qui ne cesse de passer d’une famille d’accueil à une autre. Un jour, il se voit attribuer des super-pouvoirs. Et comme tout adolescent de son âge, il en profitera pour se faire la main sur ses nouvelles capacités, comme le ferait un jeune de son âge. Pas nécessairement de la manière la plus sage qui soit. Les responsabilités ne sont clairement pas sa priorité. Mais lorsque le Dr Sivana, à qui on a refusé ces même pouvoirs jadis, vient s’imposer comme une vraie menace pour Billy, ce dernier devra commencer à prendre conscience de son rôle de super-héros.

Bon casting pour une bonne alchimie

Si on pouvait avoir quelques doutes sur le casting, notamment de Zachary Levi dans le rôle-titre à cause de l’aspect physique, le film parvient très facilement à balayer nos craintes. Levi (qu’on reconnaîtra surtout pour avoir incarné Chuck Bartowsky, dans la série Chuck) étant quelqu’un de sacrément jovial de nature, qui donne l’impression d’être facilement enjoué voire émerveillé. Il n’aura sans doute pas eu d’énormes efforts à fournir pour retomber en enfance le temps d’un rôle. La ferveur avec laquelle il campe le personnage est assez contagieuse. Et on fera sans trop de mal l’impasse sur le côté un peu cheap du costume, pour finalement se laisser porter par les personnages, ou la réelle force du film.

La version ado de Billy Batson (Asher Angel) fait également un bon boulot, mais ne marquera pas spécialement les esprits. Là où le nouveau frère adoptif de Billy, Freddy (Jack Dylan Grazer), donne une bien meilleure performance, et s’avérera capital à l’évolution de Billy aka Shazam, puisque c’est lui, de par ses connaissances en matière de super-héros, qui lui apprendra toutes les ficelles à connaître. Le reste de la famille, entre les enfants adoptés et les parents adoptifs, parvient à être plus ou moins sympathique, et à créer une ambiance assez chaleureuse. Avec, pour finir, le grand méchant du film, le Dr Sivana (Mark Strong) qui, à défaut d’être le bad guy le plus développé qui soit, bénéficie quand même d’un background relativement intéressant. Et ce, couplé au charisme naturel de Mark Strong, font de Sivana un méchant de comics books efficace, à défaut de bouleverser quoi que ce soit.

Un film plus modeste que ses prédécesseurs

Shazam a beau pouvoir plus ou moins tenir tête à Superman, son film ne joue pour autant dans la même cour. Man of Steel, ou le plus récent Aquaman, étaient tous les deux des films qui proposaient une intrigue avec des situations adaptées aux pouvoirs démesurés de leurs héros. Shazam! quant à lui, opte pour une approche presque plus terre à terre. La dose de fantastique est bien évidemment présente, et certains combats frôlent le côté épique des plus grosses productions DC. Cependant, ce n’est pas vraiment la volonté première du film.

Le film fait un bon boulot pour nous projeter dans la vie banale d’un orphelin, que ce soit dans la maison d’accueil ou au bahut. L’identité visuelle du film, bien moins marquée que ses prédécesseurs, reflète d’ailleurs bien la banalité des décors dans lesquels vit Billy. Et seul tout ce qui touche au côté magique de cet univers, se démarque par un brin de folie et de créativité plus prononcée. Ce qui, bien évidemment, permet de faire des économies niveau budget, mais il ne faut pas nécessairement prendre l’aspect plus « cheap » comme un défaut. Shazam! se débrouille très bien avec les moyens du bord, à quelques effets de CGI flagrants près. Cependant, on se doute que si une suite finit par voir le jour, Warner Bros se devra de mettre la main plus profondément dans le portefeuille pour permettre aux graines plantées dans ce premier film, de germer comme il se doit.

Shazam! n’est donc pas une énorme prise de risque, mais reste une pierre de plus à l’édifice encore en construction qu’est l’univers DC. Consolidant une saga de film tout en étant parfaitement stand-alone, Shazam! est un film efficace, qui devrait plaire à tous ceux prêts à se laisser emporter par sa simplicité. S’éloignant des combats de titans des précédents films DC, Shazam! se concentre sur le plan humain en priorité. On aurait cependant aimé une bande originale plus marquante (impossible pour moi de vous fredonner le thème de Shazam, si tant est qu’il en ait un). En espérant que ce film accélère bel est bien l’arrivée de Dwayne Johnson en Black Adam (ennemi principal de Shazam, pourtant déjà choisi pour le rôle il y a plus de 4 ans) dans cet univers.

  • 7/10
    Réalisation - 7/10
  • 8/10
    Casting - 8/10
  • 7/10
    Scénario - 7/10
  • 6/10
    Bande-Son - 6/10
  • 7/10
    Originalité - 7/10
7/10

Résumé

Difficile de voir les 2h10 passer, une fois pris sous le charme de cette comédie occasionnellement un peu brutale dans ses thèmes. Le tout est compensé par des moments assez attendrissants.