Clivages : la nouvelle bande dessinée du label Robinson

Clivages : la nouvelle bande dessinée du label Robinson

13 septembre 2018 0 Par Arya

Clivage, a été écrit par Sylvain Runberg, un passionné d’histoire et de bande dessinée, il s’est allié au dessinateur Joan Urgell pour créer une BD sur un sujet assez particulier : la guerre civile.

Ce thème de guerre est revu avec plus d’humanité qu’il n’y parait en premier lieux, il s’agit surtout de mettre en valeur les relations humaines au sein d’un village plongé dans le chaos.

Résumé :
 Quelque part en Europe. Juliana Brovic, médecin de 32 ans, mène une vie paisible avec ses deux enfants et son mari. Un jour, l’impensable se produit : la guerre est là. Juliana va alors tout mettre en oeuvre pour préserver le fragile équilibre entre les habitants et les troupes légitimistes dans sa petite ville. En plein coeur de l’hiver et dans un climat de tension permanente, la situation va peu à peu dégénérer…

Pages : 64 Prix : 14,95 €

clivages

On vous laisse avec une petite interview du scénariste !

Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
J’avais ce projet en tête depuis de nombreuses années : une famille en Europe, menant une vie normale, ayant l’espérance d’un futur radieux pour leurs enfants, l’arrivée du conflit armé qui balaye tout et dans lequel ils se retrouvent piégés. La guerre qui a déchiré l’ex-Yougoslavie sur le sol Européen dans les années 90 a été mon point de départ. Puis les évènements en Ukraine avec la guerre du Donbass m’ont donné de nouveaux éléments pour le récit, tout comme la terrible guerre civile en Syrie et son cortège d’horreurs où, là aussi, des millions de civils ont vu leurs vies et leur quotidien bouleversés.

Comment vous-êtes-vous documenté ?

J’ai beaucoup lu, notamment des rapports produits sur les crimes commis durant le conflit en ex-Yougoslavie et des témoignages de réfugiés Syriens. Je suis également allé à la rencontre de ces réfugiés en Suède qui en a accueillis énormément, plus de 160 000, ces dernières années. J’ai pu discuter avec des personnes travaillant pour des ONG et ayant été sur le terrain, aussi bien en Ukraine qu’en Syrie. Ce qui est constant, c’est à la fois cette volonté d’essayer de préserver ce qu’on peut de son ancienne vie, du moins si l’on n’est pas obligé de fuir ou dans l’impossibilité de fuir, et ce quotidien qui peut basculer à chaque instant dans l’horreur à cause d’une bombe, d’une mine, d’une arrestation arbitraire, de la torture, d’une milice d’assassins qui vient semer la mort et la terreur…

Pourquoi avoir choisi de ne pas imposer un lieu et  une époque spécifiques à l’intrigue ?

Je voulais que le lectorat, qui sera d’abord francophone même si j’espère que l’on aura des traductions par la suite, puisse s’identifier aux personnages. Cela se passe de nos jours, en Europe, mais on n’en sait pas plus et ça n’a pas forcément beaucoup d’importance. Ça pourrait être vous ou moi. A chaque fois, on retrouve les mêmes mécanismes : des individus et des groupes qui cherchent à imposer leur pouvoir en jouant sur les peurs, en créant des séparations artificielles entre les gens, en usant de la violence pour obtenir ce qu’ils veulent. Ce qui m’a frappé dans mes discussions, c’est à quel point en Ukraine, par exemple, les gens ont été surpris qu’un tel conflit puisse sur venir dans leurs pays. Je crois que le danger, c’est de croire que ça ne peut pas arriver.

Comment s’est passée votre collaboration avec Joan Urgell ?
Très bien, comme pour l’adaptation de Trahie de Karin Alvtegen chez Dargaud. Je propose d’abord un séquencier détaillé. Puis, une fois que celui-ci est validé par tout le monde, j’effectue un découpage page par page et case par case avec les dialogues. Ensuite, Joan se charge de la réalisation des storyboards, de l’encrage puis de la mise en
couleur.

Pourquoi avoir choisi de faire une bande dessinée plutôt qu’un roman ?

Parce que la bande dessinée offre un espace de liberté sans nul autre pareil pour les auteurs, et allie à la perfection la force des mots et de l’image.