Jurassic World : Fallen Kingdom, le soufflé retombe ? [Critique]

Jurassic World : Fallen Kingdom, le soufflé retombe ? [Critique]

30 juillet 2018 0 Par Joey

Trois ans après son retour sur le devant la scène, la saga Jurassic Park est de nouveau de sortie. Jurassic World : Fallen Kingdom, second volet de la nouvelle trilogie entamée par Colin Trevorrow, voit cette fois-ci le réalisateur Juan Antonio Bayona aux commandes. L’occasion de retrouver Claire et Owen, qui tenteront cette fois-ci de porter secours aux dinosaures, à nouveau menacés d’extinction.

Plus familier qu’original

Après le succès commercial assez monumental du premier Jurassic World, il était tout à fait inévitable qu’une suite voie le jour. Si ce quatrième chapitre n’avait, sans trop de surprise, sans doute pas la carrure de l’original, il restait malgré tout un divertissement tout à fait honnête, en ce qui me concerne. Cela dit, si Jurassic World était malheureusement du genre à diviser les fans, je crains que sa suite ne continue encore plus sur cette voie.

Le premier film de cette nouvelle « ère jurassique » s’inspirait clairement du film d’origine : notamment au niveau de ses thèmes, mettant en avant la volonté de créer un parc peuplé de dinosaures, avec tous les problèmes éthiques liés à une telle entreprise. Volonté enfin réalisée dans Jurassic World premier du nom. Jurassic World : Fallen Kingdom, quant à lui, part plutôt piocher du côté du second opus de Spielberg, Le Monde Perdu : Jurassic Park.

Fini l’émerveillement plus ou moins contrôlé. Ici, la nature reprend ses droits. Et, à l’image du Monde Perdu, Fallen Kingdom (on pourra d’ailleurs en profiter pour noter un rapprochement d’idée, jusque dans le titre des deux films) met en scène la volonté de certains personnages de l’histoire à vouloir préserver l’existence de ces animaux, bien que le fait de ne jamais évoquer le sort des dinosaures du fameux site B m’ait un peu laissé confus.

Claire Dearing (Bryce Dallas Howard) en fera d’ailleurs sa mission tout au long du film. Elle sera rejointe par Owen Grady (Chris Pratt) ainsi qu’une galerie de nouvelles têtes, dont des associés de Claire, désormais également fondatrice du Dinosaur Protection Group. Pour combler ce casting, un James Cromwell pour incarner Benjamin Lockwood, ancien partenaire de John Hammond, une poignée de militaires, une petite fille pleine de secrets, et un caméo de luxe !

Bien évidemment, tous les personnages n’auront pas le même point de vue sur le sort des dinosaures. Ainsi, inévitablement, si certains seront pour leur survie, dans l’autre camp se tiendront ceux qui sont du côté de la nature. Si cette dernière estime que les dinosaures ont eu leur chance. Il faudrait donc la laisser se débarrasser de cette anomalie créée par l’homme, d’elle-même. Avec, à côté de tout ça, quelques saligauds avides d’argent, pour venir mettre leur grain de sel dans l’histoire.

Un blockbuster de son temps

Jurassic World : Fallen Kingdom a beau ne pas être réalisé par Colin Trevorrow pour ce second round, ce dernier est toujours présent à l’écriture. Cette nouvelle trilogie, c’est un peu son bébé à lui, si j’ose dire. Même s’il aura toujours été épaulé pour écrire les scripts. Pour le meilleur ou pour le pire, ce sera à vous d’en juger. Là-dessus, sur sa vision de cet univers j’entends, j’ai quand même du mal à ne pas être un petit peu mitigé par endroits.

D’un point de vue réalisation, la qualité est au rendez-vous. Le précédent m’avait plutôt plu sur ce point, sans être nécessairement aussi maitrisé que les opus de Spielberg. Mais force est de constater que Fallen Kingdom passe carrément à la vitesse supérieure. Le côté explosif est pas mal divertissant. J.A. Bayona nous sert également quelques moments plus horrifiques, notamment en seconde moitié de film. Et on se réjouira de retrouver un peu plus d’animatroniques que dans le précédent (notamment pour cette chère petite Blue), histoire d’apporter plus de crédibilité à certaines scènes. En complément des effets spéciaux numériques, qui sauront parfaitement mettre en valeur ces bons vieux dinosaures.

Cependant, sous cet emballage plutôt soigné, on se retrouve malheureusement face à une écriture pas spécialement folle, avec son lot de personnages sans grande profondeur dont font partie les saligauds cités plus haut, ainsi que certaines péripéties dont il m’a été un peu difficile d’accepter la crédibilité. De ce fait, cela crée, plus qu’autre chose, un certain décalage avec le ton et le réalisme des premiers films. Ton qui était pourtant un peu plus respecté dans le précédent.

Vers de nouveaux horizons ?

Caser des références aux anciens films, c’est bien gentil. Et à ce titre-là, on aura un peu de tout, en allant du subtil et cohérent, au clin d’œil un peu trop facile. Même si l’un d’entre eux, de par le contexte, pourrait presque mettre la larme à l’œil. Mais à réutiliser des éléments de la série, j’aurais préféré le ton et l’intelligence du script, quitte à sacrifier un peu de l’humour très « blockbuster moderne » qui ne fait pas toujours mouche.

Le film est également étrangement scindé en deux parties, assez distinctes en terme d’ambiance. La seconde moitié étant sans doute une partie nécessaire afin de faire la transition vers Jurassic World 3. Il est simplement dommage que ce soit aussi la partie qui possède le plus de coups de mou. Il y avait sans doute un moyen plus efficace d’arriver à la même finalité. Enfin soit, ce qui est fait est fait.

En attendant, contrairement aux premiers Jurassic Park qui n’appelaient pas nécessairement à des suites, les Jurassic World, eux, établissent plus clairement leurs intentions sur la durée. Certains éléments d’intrigues laissés en suspens dans le premier film se verront étoffés ici. Pas nécessairement de façon très originale mais au moins la continuité est là. Et une fois arrivé à son terme, Fallen Kingdom nous laissera de quoi cogiter sur le futur troisième épisode, qui sera d’ailleurs à nouveau réalisé par Colin Trevorrow.

On espère donc, après ce léger sentiment d’égarement sur Jurassic World : Fallen Kingdom, que la série saura retrouver la grande forme. En l’état, ce chapitre de transition reste un bon divertissement, tout particulièrement si la vue de majestueux dinosaures est quelque chose qui vous fait toujours un minimum vibrer. A voir si la conclusion saura finir en beauté. Mais peu importe l’issue, la dernière partie du voyage devrait néanmoins au moins s’avérer intéressante.

Note
  • 8/10
    Réalisation - 8/10
  • 7/10
    Casting - 7/10
  • 6/10
    Scénario - 6/10
  • 7/10
    Bande-Son - 7/10
  • 5/10
    Originalité - 5/10
6.6/10

Résumé

Très joli spectacle, un peu terni par quelques soucis de rythme et de cohérence.