Kingdom Hearts III, Une conclusion quelque peu expéditive [Test]

Kingdom Hearts III, Une conclusion quelque peu expéditive [Test]

12 février 2019 0 Par Joey

Après une flopée d’épisodes, éparpillés sur plusieurs générations de machines et sur 17 bonnes années, Kingdom Hearts III débarque enfin pour mettre un terme à l’intrigue entamée en 2002 sur Playstation 2. L’attente en valait-elle la peine ? Le jeu peut-il être appréciable pour quiconque n’ayant pas fait tous les volets précédents ? Vous le saurez dans le prochain épisode ! Ou bien simplement ci-dessous.

Un épisode peu accueillant pour les néophytes

Kingdom Hearts, une série bien étrange, qu’il n’est pas si facile que ça de conseiller. Et plus les années passent, plus les choses se compliquent. Parce que, pour le meilleur ou pour le pire, Kingdom Hearts III confirme que chacun des épisodes sortis depuis la naissance de la série, est bel et bien important. Certains sans doute plus que d’autres, mais le fait est que si on veut espérer tirer le maximum de Kingdom Hearts III, il est préférable d’avoir joué au plus d’épisodes possible au préalable.

Bien sûr, les différentes intrigues propres aux mondes Disney que vous visiterez, qui sont depuis le début un des arguments de vente de la série seront, elles, parfaitement compréhensibles pour quiconque. Et le gameplay en lui-même sera également appréciable pour n’importe qui. Cependant, c’est plus pour tout ce qui touche au lore propre à l’univers Kingdom Hearts, qu’il est conseillé de ne pas plonger dans cet épisode en étant vierge de connaissances sur la série.

Mais tout cela bien sûr, dépendra de ce que vous recherchez principalement dans Kingdom Hearts III. Un lore (inutilement) complexe, ou du fun immédiat. Le choix est vôtre. Maintenant, reste à voir ce que vaut le contenu du jeu en lui-même.

Du neuf chez les mondes Disney

Si les divers épisodes nous ont mis dans les bottes de divers personnages, Kingdom Hearts III nous ramène bien évidemment à Sora. Ce jeune porteur de Keyblade (une arme en forme de clé qui peut s’occuper de toutes sortes de serrures, pour faire court) en a vécu des péripéties, mais l’heure est enfin venue de mettre un terme à son périple. Son but est clair, venir à bout du récalcitrant Xehanort et sauver tous les alliés qui pourront l’aider dans sa quête, et qui ont désespérément besoin d’aide.

Comme la routine de la série le veut, vous visiterez donc de multiples mondes issus de l’univers Disney avec, pour la première fois dans la série, une petite dose de Pixar. Et, gros épisode numéroté oblige, Kingdom Hearts III ne s’abaisse pas à simplement recycler des mondes des volets précédents. Si cela peut être le cas pour certains mondes, comme Winnie L’Ourson ou Hercule, le level design plus vaste et ouvert de ce nouveau volet fait que même certains monde comme celui d’Hercule, viennent proposer une toute nouvelle facette jamais explorée jusque-là.

A côté de ça, on a droit à une bonne galerie de mondes totalement inédits, comme ceux de Toy Story ou Raiponce, pour n’en citer qu’une pincée. Un nouvel éventail de monde tous beaux tous neufs, qui compensera leur nombre un peu réduit par rapport aux précédents épisodes numérotés (enfin, par « numérotés », on se comprend, et on n’inclura pas l’opus 358/2 Days. Ah, ces titres…).

Un gameplay qui pioche un peu partout

Le système de combat aura mine de rien pas mal évolué au fil des épisodes, même si la base reste plus ou moins la même. Aussi, celui de Kingdom Hearts III se veut plus ou moins une synthèse de ce qui a pu être apporté depuis le second opus. Exit la touche contextuelle qui permettait de lancer des « commandes réactions » rajoutant un peu de mises en scène dans les combats. Ici on se rapprochera principalement d’un mélange entre Birth by Sleep et Dream Drop Distance. En des termes plus clairs, à force d’attaquer les ennemis de manière classique avec la touche dédiée, vous pourrez charger jusqu’à 3 crans, qui vous débloqueront une plus grosse attaque. Attaque dont la nature changera en fonction des techniques utilisées pour charger ces fameux paliers.

Les attaques au corps-à-corps, à coups de Keyblade donc, vous permettront de transformer cette dernière en une nouvelle arme, amenant de nouveaux combos. Si vous avez surtout utilisé de la magie, comme par exemple le sort brasier, vous aurez moyen de lancer un brasier de niveau accru une fois les 3 crans atteints. Donc quand bien même votre tactique serait de bourriner sans réfléchir, vous aurez quand même de quoi varier un peu les plaisirs.

D’autant que certains ennemis seront parfois surlignés d’un cercle vert, indiquant une attaque bonus à grappiller. Il vous suffira alors d’asséner un coup à un des ennemis concernés, afin de débloquer un nouveau type d’attaques : les attractions ! Peu importe le sérieux potentiel de la scène, déclencher une attraction illuminera le champ de bataille avec les carrousels, trains et autres tasses tournantes. Ajoutez à tout cela quelques invocations et sorts en duo avec vos divers alliés, et cela vous donne une idée du panel d’attaques à votre disposition.

Des phases de jeux variées

En dehors du système de combat, qui représente le gros du gameplay, Kingdom Hearts III tente également d’apporter quelques phases de jeu inédites de temps à autre. Vous pourrez essayer de devenir un grand chef cuistot, sous la tutelle de Rémy de Ratatouille, jouer à de petits jeux vidéo façon Game & Watch, après avoir mis la main dessus aux quatre coins de la galaxie. Ou justement, puisqu’on en parle de l’espace, vous pourrez également participer à des missions de shoot them up, à bord de votre fidèle vaisseau Gummi (présent depuis le premier volet, il s’agit du vaisseau qui vous emmènera d’un monde à un autre).

Sora se verra également attribué pour la toute première fois un… téléphone portable ? Il faut croire que oui. Le Gummiphone, de son petit nom, vous donnera la possibilité de prendre des photos. Vous pourrez alors vous amuser à poser avec vos personnages de Disney préférés. Mais plus important, vous devrez également être à l’affût de silhouettes de têtes de Mickey.

Très facilement reconnaissables, vos compagnons Donald et Dingo n’hésiteront pas à vous faire signe si l’un de ces symboles est à proximité. Une quête annexe, inoffensive au premier abord, qui vous permettra néanmoins de débloquer la fin secrète du jeu, ou une énième tradition de la série. L’obtention de cette dernière dépendra du nombre de symboles photographiés. Plus le niveau de difficulté choisi sera élevé, moins vous aurez besoin de clichés. Ouvrez donc l’œil.

Une histoire bien mise en avant mais mal rythmée

En dehors de cela, le Gummiphone sera surtout utilisé à des fins scénaristiques. Appeler ou recevoir des appels d’autres personnages importants, permettra à Sora de ne pas perdre de temps en faisant tout plein d’allers-retours d’un monde à l’autre. Et là on touche un point potentiellement négatif : le rythme des événements. Si sur la première grosse partie du jeu, le scénario semble avancer un poil trop lentement, la dernière ligne droite sera quant à elle assez riche et conséquente en informations et rebondissements. Au point que le jeu n’a simplement pas le temps de s’attarder sur les différents moments forts qu’il enchaine.

Heureusement, l’impact de ces scènes est bel et bien présent, surtout s’il s’agit de quelque chose qu’on espère voir arriver depuis des lustres. Mais aussitôt la satisfaction éprouvée, allez hop, pas le temps, on passe à la scène suivante. Plus qu’un véritable feu d’artifice final, Kingdom Hearts III donne alors parfois l’impression de n’être plus qu’une simple formalité. Et la difficulté revue à la baisse n’aide en rien ce problème.

D’un autre côté, difficile de reprocher au jeu de nous donner ce qu’on attendait de lui. Certes la dernière fournée de boss n’est sans doute pas aussi épique que dans Kingdom Hearts II, mais ceci est largement compensé par la conclusion d’un arc construit et étoffé sur 17 longues années. Aussi, la trentaine d’heures nécessaire à la complétion de la quête principale défilera malheureusement bien plus vite qu’on ne le voudrait. 

Un emballage savoureux

Et quel plaisir de voir la convergence de tous les précédents épisodes, dans un emballage aussi joli. Les modèles PS2 avaient très bien réussi à retranscrire l’allure des personnages des dessins animés Disney, en 3D. Aussi, à l’époque où les direction artistiques « cartoon » ont de plus en plus tendance à laisser leur place au réalisme, du moins sur les productions AAA, il est toujours agréable de voir un style plus chatoyant se marier à des effets de toute beauté tel qu’un éclairage ou un travail sur les matières, dignes de l’époque actuelle. Il suffira de voir l’Olympe de ses propres yeux pour commencer à baver.

Kingdom Hearts III réussit donc en grande majorité sa transition. Certains personnages semblent tout droit sortis de leurs films respectifs, tandis que d’autres peuvent parfois arborer un effet un peu plastique. Ce qui est dommage. Mais les environnements, eux, sont tous solides si ce n’est quasiment magnifiques.

Pour finir sur la partie musicale, après des années de recyclage des 2 mêmes thèmes, « Simple and Clean » et « Sanctuary », Utada Hikaru nous fait enfin l’honneur de non pas un, mais deux nouveaux thèmes : « Face my Fears » et « Don’t Think Twice ». Tandis qu’à côté de ça, Yoko Shimomura reprend du service pour nous offrir une bande-son toujours aussi soignée.

Pour un épisode qui a mis autant de temps à arriver, il est dommage de le voir survoler bon nombres de scènes qui auraient mérité d’être plus développées. Quitte à réduire davantage les intrigues Disney, qui généralement ne font pas grandement avancer l’intrigue principale de toute manière. L’attrait global aurait peut-être été réduit pour les nouveaux venus. Mais si, en contrepartie, cela aurait pu signifier une satisfaction accrue pour tous ceux qui ont passé des dizaines et des dizaines d’heures à suivre ce tumultueux périple, la question de la légitimité d’un tel sacrifice est en droit de se poser. En l’état, malgré quelques petites déceptions, on ne va pas se mentir, Kingdom Hearts III reste un action RPG solide, et empli d’une nostalgie suffisante grâce aux films Disney qu’il adapte, pour proposer une aventure divertissante pour n’importe qui n’étant pas trop regardant sur le scénario. Les fans, quant à eux, devraient malgré tout y trouver leur compte, à défaut de jouer au meilleur épisode de la série.

  • 7/10
    Histoire - 7/10
  • 9/10
    Gameplay - 9/10
  • 8/10
    Bande-Son - 8/10
  • 8/10
    Graphismes - 8/10
  • 7/10
    Durée / Prix - 7/10
7.8/10

Résumé

Malgré un petit côté bâclé sur certains points, Kingdom Hearts III fait cependant toujours honneur à la série.